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Vis ma vie de femme: entre pression et culpabilité.

Photo du rédacteur: nanou imparfaitenanou imparfaite

Dernière mise à jour : 3 juil. 2018

Un début de burn out qui remet tout en question...



Je ne sais pas si vous connaissez Ali Wong. C’est une actrice/humoriste américaine qui vient de voir 2 des ses one-woman shows diffusés sur Netflix. Je ne la connaissais pas non plus je vous rassure. Mais j’ai regardé ce show ‘Baby Cobra’ et voici la phrase que j’ai retenue:

“Vous savez pourquoi on ne demande jamais à un homme comment il fait pour concilier sa vie privée et sa vie professionnelle? Parce qu’il ne le fait pas!”

Cette petite phrase résume à elle seule le fruit de mes pensées de ces derniers mois.

Petit retour en arrière. Il y a 5 mois environ, je me rends à mon travail comme d’habitude. Je travaille un peu, parle à un collègue qui passe par là et qui repart. Tout va bien… Mais tout à coup, mes mains commencent à trembler. Je sens les larmes monter. Je ne respire plus normalement. Ma petite voix intérieure ( vous savez, celle qui sait tout sur vous avant vous ) comprend que je fais une crise d’angoisse. Je n’ai pas le choix: je dois fuir. Comme si ma vie en dépendait. Je ne peux plus rester dans ce bureau.


A partir de ce moment là je comprends que j’ai tiré sur la corde ou je préfère dire l’élastique. On tire encore et encore. Ça va bien tenir non? Allez encore un peu. Un petit peu plus… Allez enco…. Bam! Il vous a explosé entre les doigts et ça fait mal. Diagnostique: pré burn-out.


Eh bien c’est ce qu’il m’est arrivé. Topo: je suis prof. Je vous vois venir: elle a beaucoup de vacances. Pas le débat du jour (sûrement une idée pour un autre article) mais je reviendrai sur ce point. Jules a un travail très prenant et rentre tous les soirs vers 20h. Donc je m’occupe des 2 monstres, enfin pardon, des 2 aaaaaadorables garçons.


Je plaisantais souvent auprès des collègues en sortant de mes cours en disant :” allez, je vais commencer ma 2ème journée de travail, tu sais, celle pour laquelle je ne suis pas payée!”. Mais je ne croyais pas si bien dire. Je ne me suis pas rendu compte qu’effectivement, je cumulais bien 2 journées de boulot en une! J’ai accumulé de la fatigue qui s’est transformée en épuisement. Je voyais bien que je n’y arrivais plus mais je ne me donnais pas le droit de me reposer. Pourquoi? Un seul mot: culpabilité.


On parle beaucoup de la charge mentale des femmes. Mais on ne dit pas d’où elle vient. Nait-on avec lorsqu’on est du sexe féminin? Est-elle dans notre patrimoine génétique? Je ne pense pas. Elle est construite par la société qui attend beaucoup plus de nous que des hommes.


Vous ne me croyez pas? Lisez la suite.


Dès le plus jeune âge, on attend plus de nous. Une fille est plus calme, plus douce. Si elle est trop active, c’est un garçon manqué. On s’attend à ce que nous réussissions nos études parce que nous sommes sérieuses et travailleuses, réfléchies et posées. Intelligentes? Pas sûr que ce soit le premier adjectif qui vienne à l’esprit des gens. Et on réussit souvent nos études d’ailleurs (les filles comprennent sûrement très tôt que c’est un bon moyen pour s’émanciper).


Pression par rapport à notre apparence physique. Un homme avec un petit ventre? C’est un bon vivant. Une femme? Elle s’est laissée aller.


Au travail, les femmes doivent en faire 2 fois plus pour prouver qu’elles le valent bien (à dire en balançant sa belle chevelure). Tout va être examiné: ce qu’elles portent (trop décolleté, trop moulant, trop moche…), comment elles se comportent (trop autoritaires, trop gentilles…). Une femme carriériste? Une ambitieuse prête à tout = négatif. Un homme carriériste? C’est bien, il a de l’ambition, il ira loin = positif.


Vient le temps des enfants. Les ennuis commencent souvent dès le congé maternité: ‘Mais tu reviendras avant la fin du congé hein?’, ‘Tu vas prendre un congé parental après? Un temps partiel? Comment on va faire?’. Quand les enfants sont là, arrivent les premières maladies et les premières journées de travail manquées pour pouvoir garder ses enfants.

On ressent la pression tout le temps, dans toutes les circonstances, et surtout quand on devient maman. La pression se transforme vite en culpabilité.


Nous sommes mises au banc des accusées dans un tribunal où les juges sont… ben tout le monde en fait!


Accusées, levez vous!

Vous travaillez le mercredi après midi??

Vos enfants font de la garderie??

Vous avez pris du poids avec vos grossesses?

Vous êtes passées au maillot de bain une pièce?

Vous n’avez pas voulu/pu donner le sein??

Vous n’avez pas fait de la purée de patates douces parfumée au yuzu?

Vos enfants ont 5 ans et ne sont pas trilingues?

Vous n’arrivez pas à boucler le dossier au travail??


Verdict: vous êtes reconnues coupables de laisser-aller. Sentence: épuisement à perpétuité!

Maintenant relisez ce que je viens d’écrire et imaginez que l’on dise cela à un homme… Impossible n’est-ce pas? Jamais on ne leur fera sentir ce poids de culpabilité. Jamais on le leur demandera pourquoi ils ne prennent pas un temps partiel pour s’occuper des enfants.


Là est l’injustice. Là est l’inégalité.

Je sais déjà que les hommes qui vont me lire diront que eux aussi ressentent la pression de la société. Oui messieurs je sais que vos vies ne sont pas toujours faciles. Vous devez nous protéger (enfin c’est que la société vous fait croire parce qu’on peut se débrouiller toutes seules, merci bien). On s’attend à ce que vous ayez un bon travail (euh, encore faux: nous ça ne nous pose pas de problème de gagner plus que vous!). Mais ce sentiment de culpabilité? Réfléchissez bien et soyez honnêtes. Vraiment.


Je sais aussi que toutes les femmes ne se reconnaitront pas et vous savez quoi? TANT MIEUX!!! Mais en parlant autour de moi, je me rends compte que nous sommes beaucoup dans ce cas. Encore beaucoup trop. Nous n’osons pas avouer notre mal-être et d’ailleurs, l’ironie de l’histoire c’est que très souvent les remarques les plus dures ne viennent pas des hommes, mais des femmes. Jalousie? Malaise? Peur que si elles avouent qu’elles ne sont pas parfaites, elles seront jugées elles aussi?


Alors mesdames, vous n’êtes pas coupables! Vous êtes imparfaites comme 100% des êtres humains sur terre. Osons dire tout haut ce que nous pensons! Non, ce n’est pas facile de s’occuper des enfants, oui parfois on a envie d’en faire de la chair à saucisse. Oui on a le droit de mettre un jogging et de ne pas se maquiller pour emmener les enfants à l’école.


Soyons solidaires. Soyons fières d’être nous mêmes. Vivons nos vies. Réalisons nos rêves.

6 Comments


nanou imparfaite
nanou imparfaite
Jul 23, 2018

Bonjour keewee,


merci beaucoup pour ton commentaire. Tout d'abord, je t'envoie une tonne d'énergie pour faire face à ta nouvelle vie de maman. Eh oui, personne ne nous prépare à ce raz de marée hein? C'est bien pour cela que j'ai décidé d'écrire! Pour dire les choses de manière un peu plus réaliste. Tu as vu le sketch de Foresti (mon idole!) sur l'accouchement? Elle dit: 'si les on nous disait la vérité plus personne ne voudrait d'enfants!

Je suis tout à fait d'accord avec ce que tu dis et ce que les hommes ont dit également. Heureusement les mentalités évoluent. Heureusement pour certain(e)s, ce dont je parle est une aberration. Heureusement!!!

Cette question est au centre de l'éducation de…

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keewee
Jul 21, 2018

Bonjour nanou,


Ton article m'a interpellé, et j'ai eu envie de commenter, car je suis jeune (pas si jeune) maman d'un bébé de 11 mois et dirigeante de notre petite entreprise avec mon conjoint . Tout d'abord, pour ma part, j'ai ressenti une belle désillusion concernant la grossesse, l'accouchement et la parentalité, on enjolive, on enrobe de guimauve, c'est la chose la plus merveilleuse, ça va donner un sens à ta vie .. blablabla .. mais en fait, ma vie avait déjà un sens avant d'être enceinte .. et le choix de devenir mère ne s'est pas présenté pour combler un manque .. j'aurais aimé qu'on me dise (mes amies, ma famille..) un peu plus la réalité, que devenir parent…

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nanou imparfaite
nanou imparfaite
Jun 23, 2018

Bonjour Jpansigny,


merci d'avoir partagé votre commentaire que je trouve absolument passionnant.

J'ai tout à fait conscience du poids qui pèse sur les épaules des hommes. Et en tant que maman de 2 garçons j'essaie de les préparer au mieux à affronter cela.

Ceci dit, je reste persuadée que nous les femmes devons en faire 2 fois plus que vous pour prouver à la société que nous le valons bien comme dirait un shampooing!


J'aime beaucoup toute votre réflexion fine sur la culpabilité et le fait que nous ne devrions pas nous attacher à ce que pensent les autres. Et vous avez tout à fait raison! D'ailleurs si vous relisez mon article, c'est exactement ce que je dis: arrêtons de…


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jpansigny
jpansigny
Jun 22, 2018

Bonjour Nanou,


je désire appuyer le commentaire de Grégory et me suis inscrit pour les mêmes raisons.

Pour ma part je fais quelque déductions parallèles. Il me semble que, dans 99 % des cas il s'agit avant tout de fierté et d'incapacité à demander de l'aide à la personne qui nous accompagne (par fierté , par habitude, par peur de la réaction de l'autre...) mais pour l'ensemble une responsabilité qui est mienne et que j'impute à l'autre. C'est, comme le dit Grégory le résultat d'une mauvaise communication, mais la (les) culpabilités dont vous parlez, ce ne sont pas les autres qui nous les imposent, c'est nous même.


Nous (moi) les hommes nous avons la culpabilité permanente de la réussite sociale…


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nanou imparfaite
nanou imparfaite
Jun 22, 2018

Bonjour Grégory,


je m'attendais à des réactions comme la votre. Je comprends tout à fait que vous puissiez prendre mal mes propos. Tout d'abord je tiens à vous féliciter pour votre vie équilibrée et pour tout le soutien et l'amour que vous apportez à votre femme et à vos enfants.

Comme vous le dites, vous trouvez mon article en décalage avec ce que vous êtes et ce que vous pensez, mais croyez moi, j'aimerais que ce soit le cas pour toutes les femmes que je côtoie. Mais malheureusement ce n'est pas le cas... Nous sommes beaucoup à souffrir d'un sentiment de culpabilité (et j'ai pu parlé à des hommes pour qui c'était le cas aussi d'ailleurs). Ne serait-ce que ce…


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Hello!

Je me présente: Nanou, bientôt 40 ans, snif. J'ai envie de partager sur ma vie de femme et de maman en mode 'on déculpabilise'. Attention: allergiques au 2nd degré s'abstenir!

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